Dans les grandes familles, il y a du bruit. Un brouhaha permanent, vivant, ancré dans les murs. Il y a le pleur d’un gosse, le son familier d’une épouse qui utilise le mortier, ce rythme matinal des petits balais qu’on passe dehors dans les cours des voisins à l’aube. Personnellement, je suis tombé amoureux de ces bruits-là. Le son du mortier, à mes yeux, c’est l’identité sonore même du Mali. Et pourtant, quand on travaille — et ceux qui me connaissent savent que je passe ma vie à écrire, rivé sur mon écran ou en train d’enregistrer des podcasts (combien de fois ai-je vu un coq s’inviter de force dans mes bandes sonores sans que cela ne m’importe plus à la fin ?)—, la question de l’environnement sonore devient centrale.
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