Les événements tragiques de Bandiagara, survenus le 6 mai 2026 à Kori-Kori et Gomosogou, me forcent à prendre la parole. C’est une réaction nécessaire, bien que triste. Nous sommes confrontés à une logique pernicieuse, un piège méticuleusement tendu. Mon message est un appel urgent à la lucidité : notre union est notre bouclier face à cette nouvelle tentative de division.
Écouter le Podcast
I. La Tragédie de Bandiagara : Un Appel à la Lucidité Face au Piège
Je m’adresse à vous aujourd’hui avec une réaction, triste mais nécessaire, suite aux attentats de Bandiagara du 6 mai 2026, à Kori-Kori et Gomossogou. Mon message est un appel urgent : ne tombons pas dans les pièges tendus par ces événements. Je vous renvoie immédiatement à mon analyse des attaques du 17 septembre 2024 à Bamako (gendarmerie, aéroport de Senou). J’expliquais alors que l’objectif n’est jamais une victoire militaire. La prise d’un aéroport avec un bidon d’essence est absurde. Leur but, même en faisant des victimes, n’est pas de gagner le combat, mais de stigmatiser. Il s’agissait de montrer aux yeux du monde que les assaillants étaient Peuls, de semer la division. Cette même opération, cette logique pernicieuse, est à l’œuvre aujourd’hui à Bandiagara.
II. La Stratégie de la Division Ethnique : Un Combat de Basse Intensité
Bandiagara, symbole séculaire de symbiose entre Dogons et Peuls, est délibérément visée. Une armée terroriste, présentée comme presque 100% peule, a attaqué des localités dogons, causant un massacre de civils avec une cinquantaine de morts. Cette horreur n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans la foulée d’une lourde défaite des forces anti-AES. Les attaques du 25 avril 2026 ont été un échec retentissant pour la france et ses alliés, ainsi que pour les « faux groupes » comme le FLA ou le JNIM. Ces entités, je le maintiens, sont des mercenaires ; leurs revendications (Sahara, Touareg, Islam) ne sont que du « cinéma » sans conviction. Ils ont perdu des milliers d’hommes – près de 5000 sur une armée de 10 à 12 000 – une défaite telle que ces opérations massives ne seront probablement plus possibles. Mais la guerre continue sous une nouvelle forme. Comme Nathalie Yamb l’a si bien expliqué (vidéo ci-dessous), quand on ne peut vaincre un pays directement, on bascule en mode de guerre de basse intensité. L’objectif est d’user la population, de fatiguer l’armée par des attaques sporadiques. Le « plus » ici est la tentative délibérée de créer un conflit ethnique. Ils réamorcent les tensions Dogon-Peul que le gouvernement avait intelligemment désamorcées à Mopti, et reprennent la stratégie de division déjà illustrée à Bamako en 2024, cherchant à monter les populations contre les Peuls.
III. Contrer la Stigmatisation : L’Unité Contre la Propagande
Fort heureusement, des voix lucides s’élèvent pour dénoncer le piège ethnique. Mais soyons patients avec les victimes : lorsque des Dogons, endeuillés et choqués, accusent les Peuls, leur réaction est celle de la douleur, non de la haine préméditée. Notre devoir, à ceux qui avons le recul intellectuel, est d’expliquer la nature de ces attaques divisionnistes. C’est la même tactique qui a veut, à moindre échelle, monter les populations contre les Touaregs, en associant tout un peuple à une infime minorité comme le FLA (qui n’atteindra jamais 1%). Les Touaregs, je le rappelle, clament leur malianité. Appliquons cette même rigueur aux Peuls : les groupes comme le JNIM représentent un pourcentage insignifiant de leur population. La grande majorité des Peuls ne tolère pas ces agissements ; ce n’est pas leur vision de l’Islam ni leur « soupe ». Arrêtons de les diaboliser en « djihadistes ». Combien d’entre eux tueraient leurs voisins ? Aucun. Ne tombons pas dans ces caricatures. L’incapacité de l’armée française et de ses affiliés à faire tomber les gouvernements de l’AES les pousse à cette stratégie de chaos interne. C’est leur dernière carte pour espérer récupérer nos terres d’Afrique de l’Ouest. Notre union, notre lucidité, sont nos boucliers. Si nous ne tombons pas dans ce piège, nous sommes invincibles.
IV. La Force de l’État Face aux Défis : Vigilance et Responsabilité Collective
Les critiques sur le « où est l’armée ? » doivent être confrontées à la réalité. Comme Abdul Niang l’a si brillamment souligné lors de son passage sur une chaîne télévisée Ivoirienne, personne n’a jugé les États-Unis faibles après le 11 septembre, mais on nous pousse à le croire pour le Mali. Comprenez la taille gigantesque du territoire malien et de l’AES. Aucune armée ne peut le quadriller entièrement. Le modèle des VDP burkinabés, civils armés et encadrés participant à la sécurisation, est une voie essentielle que Maliens et Nigériens embrassent via leurs enrôlements massifs. Les attaques ne signifient pas la faiblesse de l’armée. La france, État policier hyper-surveillé, connaît aussi crimes et attentats ; est-elle faible pour autant ? Non. Nous sommes en guerre, c’est une réalité douloureuse mais incontournable. Il est donc vital d’ouvrir les yeux et de signaler toute anomalie aux autorités. Nos soldats sont des humains, pas des drones ni des IA, et leurs interventions peuvent prendre du temps. Concernant le « silence » du gouvernement, ne sous-estimons pas leur action. Leur rôle n’est pas de faire des déclarations incessantes, mais d’agir concrètement. Et ils agissent, croyez-le. La critique facile des réseaux sociaux, qui donne la parole « à n’importe quoi », est stérile. Elle manque de retenue, envers les victimes et envers ceux qui opèrent dans l’ombre. Elle ne sert à rien. Restons intelligents, gardons les pieds sur terre, lisons correctement les événements et résistons à tous ces pièges. Notre cohésion est notre rempart.